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PIERRE SINEUX

Les récits de rêve dans les sanctuaires guérisseurs du monde grec : des textes sous contrôle

2007

Des nombreuses études consacrées au rêve dans la littérature grecque de l’Antiquité, d’Homère à Aelius Aristide ou à Artémidore de Daldis en passant par les Tragiques, ressort l’idée que si le rêve est un phénomène universel, le regard porté sur lui est daté. Dans l’Antiquité grecque, on le classe, on s’en méfie, on y trouve une voie d’accès à ce qui se dérobe à la connaissance objective, c’est-à-dire notamment le divin, le monde des morts ou les signes du destin. Dans l’expérience vécue de la maladie, le rêve est aussi parfois un mode d’accès direct à la guérison ou bien il est un signal ou un symptôme et il peut acquérir une fonction diagnostique. On peut alors opérer une distinction entre les rêves « d’incubation », réalisés au cours d’un séjour et d’un sommeil accompli au sanctuaire d’une divinité guérisseuse, et les rêves faits en dehors d’un rituel particulier, ceux-là mêmes que l’on trouve le plus souvent mentionnés dans les ouvrages d’onirocritique ou dans la littérature médicale. Le rite de l’incubation peut se définir comme l’une des modalités de la rencontre entre l’homme et le divin : après un ensemble de rites (purification, prières, sacrifices…), un individu s’endort, dans un endroit du sanctuaire aménagé à cet effet, dans l’espoir de voir apparaître en rêve la divinité, le plus souvent pour obtenir d’elle une guérison ou la connaissance des moyens pour y accéder. Or, ces rêves effectués dans ces conditions ont ceci de remarquable qu’outre l’efficacité thérapeutique que les Anciens leur attribuent, ils font parfois l’objet de récits dont certains furent inscrits sur la pierre, puis affichés pour être lus ou vus de tous.